Élections 2013 au Conseil d’administration d’Orange

Nous ne laisserons pas détruire Orange !

Mot-clé : emplois

Explosion des taxes sur les opérateurs télécoms, en particulier sur France Télécom-Orange

L’affichage de profits exceptionnels entre 2003 et 2007 a un second effet délétère : les opérateurs de télécoms, considérés comme hyper-profitables, deviennent la tirelire de l’État. Quelques exemples :

Année

Taxes et cotisations nouvelles

Surcoût annuel
pour Orange

2008

taxe COSIP (Compte de soutien à l’industrie des programmes) s’ajoute aux taxes déjà payées aux ayants-droit des œuvres audiovisuelles  Payées en contrepartie de la baisse de la TVA à 5,5% sur la moitié du forfait triple-play, elles n’ont cependant pas été supprimées lors de sa hausse en 2011.

60 millions d’euros

2008

taxe Copé pour financer la suppression de la publicité sur France Télévisions : 0,9% du CA des opérateurs français.

190 millions d’euros

2009

remplacement de la taxe professionnelle par les IFER (impôts forfaitaires sur les entreprises de réseaux). Les opérateurs télécoms paient une taxe sur les antennes. France Télécom-Orange paie seul une taxe sur le réseau de cuivre, et se retrouve grand perdant d’une modification qui ne devait changer les équilibres financiers, ni pour les entreprises ni pour les collectivités territoriales.

450 millions d’euros

2011

hausse de la TVA sur le triple play, que les opérateurs envisagent d’abord de répercuter sur les factures. Finalement, par peur des résiliations, aucun ne le fera

230 millions d’euros.

2012

paiement de cotisations supplémentaires au titre de la retraite des fonctionnaires, pourtant soldées par une soulte de 5,7 milliards de francs versée par France Télécom à l’État, selon une loi de 1997. France Télécom Orange doit donc payer  des cotisations supplémentaires… pour financer un risque chômage inexistant, l’opérateur étant tenu de conserver les fonctionnaires dans ses effectifs !!!

150 millions d’euros

Par rapport à 2007, France Télécom-Orange paie désormais chaque année plus d’un milliard d’euros de taxes nouvelles, en sus de l’impôt sur les sociétés.

En 2013, elle paie en supplément 2 milliards de redressement fiscal, suite de l’intégration de la holding Cogecom, qui portait les participations du Groupe dans les filiales, mal gérée par les équipes Lombard en 2005. La CFE-CGC avait alerté sur les risques de cette opération lors de sa présentation au CCUES… mais la Direction n’en a pas tenu compte. Et aucun des décisionnaires de l’époque n’a été sanctionné…

La Fédération Française des Télécoms le rappelle régulièrement, les opérateurs français sont les plus taxés d’Europe (40 fois plus que les opérateurs britanniques selon la dernière étude menée par Greenwich)… tandis que les acteurs « over the top » (Google, Amazon, Facebook ou Apple) continuent allègrement à pratiquer l’évasion fiscale, en dépit des rodomontades du gouvernement français et de l’Europe.

La CFE-CGC ne prétend pas que les opérateurs de télécommunications devraient être exonérés de taxe. Elle dénonce une pénalisation spécifique de France Télécom-Orange par des taxes mal fondées aux conséquences directes sur l’emploi.

Sommée par les marchés financiers de maintenir un niveau de résultat devenu insoutenable, la Direction considère désormais l’emploi comme la principale variable d’ajustement, pour tenter de maintenir un cours de bourse qui néanmoins poursuit inexorablement sa chute.

Introduction de Free Mobile et catastrophe pour l’emploi !

course de haiesTroisième effet délétère des profits artificiels présentés par les équipes Breton-Lombard : l’introduction d’un 4e opérateur mobile en janvier 2012.

Tous les experts du secteur savent que le marché français ne peut faire vivre 4 opérateurs. Partout en Europe, on revient à 3 par pays, chiffre considéré comme pertinent par les spécialistes de la régulation pour offrir à la fois les bénéfices des économies d’échelle sur le déploiement et l’exploitation des réseaux, et une pression concurrentielle suffisante pour éviter les effets de « rente ». Mais comment ne pas croire qu’il était possible de faire baisser la facture du consommateur en introduisant sur le marché mobile le « trublion des télécoms » ?

Il eut fallu que l’État et le régulateur se penchent sur les comparatifs tarifaires internationaux, qui montraient l’excellente compétitivité de la France, classée 2e pays le moins cher d’Europe pour les communications fixes, mobiles et l’accès Internet en 2011 par le très sérieux régulateur des télécommunications britanniques OFCOM.

Il eut fallu que l’État regarde les comptes de l’opérateur dont il reste l’actionnaire de référence pour comprendre comment avaient été obtenus les profits exceptionnels dégagés. Aucun gouvernement n’a fait cette analyse, ni corrélé profits exceptionnels et crise des suicides.

Il eut fallu une analyse des impacts potentiels de l’introduction d’un 4e opérateur mobile en termes d’emplois, que ni l’État ni l’Arcep – régulateur français des télécoms, n’ont pris la peine de réaliser avant de délivrer la 4e licence, avec une régulation sans précédent au profit exclusif du nouvel entrant.

Dès fin 2011, les opérateurs baissent leurs tarifs pour se préparer à résister à l’arrivé du 4e entrant, et le chiffre d’affaires global des opérateurs commence sa chute, accentuée en 2012. Pour la première fois, les baisses tarifaires, régulières en France, ne sont compensées ni par des économies d’échelles liées à l’accroissement du nombre de clients, ni par du business sur de nouveaux services.

En 2013, plus de 10 000 emplois seront détruits dans la filière française des télécommunications. Les équipementiers ont été les premiers touchés, avec plus de 2 500 emplois détruits, dont plus de la moitié chez Alcatel Lucent. Les centres d’appels risquent de perdre entre 5 et 7 000 emplois. Le distributeur The Phone House a mis la clef sous la porte, ayant perdu ses contrats avec Bouygues Telecom et Orange : 1 200 emplois disparaissent du même coup. SFR et Bouygues Telecom, passés par un plan social, ont annoncé au total 1 400 suppressions de poste sur 2013.

Chez Orange, la décrue des effectifs résulte des départs en retraite ou en Temps Partiel Seniors. On ne connaîtra les chiffres que dans le bilan social de fin d’année. Mais la baisse amorcée en 2012 devrait s’accentuer sensiblement en 2013, et pourrait dépasser 3 000 suppressions nettes dans les effectifs français.