Élections 2013 au Conseil d’administration d’Orange

Nous ne laisserons pas détruire Orange !

Mot-clé : emplois

Opposition au low-cost destructeur d’emplois

La CFE-CGC a tout tenté pour s’opposer
à la destruction d’emplois  liée à l’introduction du 4e opérateur mobile

C’est au nom de la défense prioritaire de l’emploi dans le secteur des télécoms que la CFE-CGC :

La CFE-CGC a été la seule organisation syndicale à monter au créneau, dès le projet de 4e licence en 2007, puis au lancement de Free Mobile début 2012, pour éviter l’hécatombe des emplois, liée à l’introduction du « low cost » sur le marché français du mobile.

La « timeline» du lancement de Free Mobile montre à quel point la CFE-CGC a porté le débat. Chacun de ses communiqués a été abondamment repris dans la presse, seul moyen pour obtenir une réaction du régulateur ou du gouvernement. Il a fallu près de 3 ans pour que notre diagnostic soit partagé par ce dernier, et que notre demande de ne pas opposer salariés et consommateurs fasse sens pour les leaders d’opinion.

Mais si en juillet 2012 (alors que la CFE-CGC consacrait son Université d’été à la question de l’emploi dans le secteur des télécoms et à l’impact de Free Mobile), Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg semblaient partager notre diagnostic, rien n’a été fait depuis pour remédier à la situation.

Un nouveau PDG aux commandes

Après la mise en évidence du lien entre les méthodes de management de l’entreprise et les suicides, l’éviction de Didier Lombard a été accélérée, et le relais passé à Stéphane Richard début février 2011.

Quelques extraits de presse :

 

2 mois plus tard, le nouveau PDG présentait les grands axes de son plan d’action.
Lire le communiqué de la CFE-CGC :

Suppressions d’emplois

camionPrémices des mobilités forcées

Les mobilités forcées sont en germe dès le plan TOP, qui veut favoriser la mobilité des fonctionnaires de France Télécom vers l’ensemble des fonctions publiques.  Annoncées comme basées sur le volontariat, elles ne tardent pas à se transformer en harcèlement systématisé : équipes RH et managers objectivés sur le nombre de départs, pressions sur les personnels fonctionnaires, mails hebdomadaires culpabilisants,  entretiens humiliants dans des administrations elles aussi sommées de réduire leurs effectifs pour alléger le budget de l’État.

L’accord sur les congés de fin de carrières (CFC) engagé depuis 1996, est le principal contributeur à la spectaculaire décrue des effectifs (22 000 départs entre fin 2002 et fin 2005). Mais il s’achève fin 2006. Jusqu’à fin 2009, où le premier accord Temps Partiel Seniors (TPS) prend le relais, il n’y a plus aucun dispositif d’accompagnement pour ceux qui souhaitaient quitter l’entreprise avant l’âge de la retraite.

C’est à cette période que les pressions les plus fortes s’exercent sur les personnels, pour en décourager le plus possible : la Direction, tenue par les contraintes légales vis-à-vis des fonctionnaires, ne peut procéder à aucun plan social. Fermetures de sites, mobilités forcées, pression croissante aux résultats, intensification du contrôle des personnels, éradication systématique de la convivialité et de la solidarité dans les équipes, rien n’est épargné pour faire décroître les effectifs… avec les résultats que l’on sait !

En 2007, la CFE-CGC initie l’Observatoire de l’emploi et des mobilités forcées.

50 000 emplois supprimés en 14 ans.

Jusqu’en 2008, le secteur des télécommunications est globalement en croissance, en chiffre d’affaires (+80% entre 1998 et 2008, voir nos graphiques) et en nombre d’abonnés. Il n’y a donc aucune logique mathématique à la perte de plus de 30 000 emplois sur la même période, sinon la recherche aveugle et effrénée d’un profit toujours croissant.

France Télécom-Orange a perdu 50 000 emplois depuis la libéralisation du marché des télécommunications en 1998. Cette suppression massive a de nombreux effets délétères.

A l’intérieur de l’entreprise, la pression augmente sur les personnels qui restent, sommés de gérer le même niveau d’activité en ayant perdu 1/3 de leurs collègues, et les conditions de travail se dégradent sensiblement. Des savoir-faire disparaissent, le transfert de compétences étant mal ou pas du tout assuré lors des départs de l’entreprise. De plus en plus d’activités sont sous-traitées, jusque dans le cœur de métier, au détriment de la maîtrise et de la qualité du service rendu à nos clients (on se souvient de la grande panne du réseau mobile Orange en juillet 2012).

A l’échelle nationale, la perte massive d’emplois crée un effet de spirale négative, qui contribue à la baisse globale du pouvoir d’achat des Français dont la consommation est l’un des principaux moteurs de croissance, et qui détruit aussi le tissu social du pays par l’augmentation du chômage de masse.

Pour la CFE-CGC, c’est une politique socialement irresponsable, tout particulièrement dans une entreprise dont l’État reste l’actionnaire de référence, et il faut redresser la barre dans les meilleurs délais.

EffectifsGroupeOrangeFrance

Après la pause du « nouveau contrat social » entre 2009 et 2012, le Groupe Orange s’engage cependant dans une nouvelle décrue des effectifs.

La CFE-CGC lutte pour l’emploi

Introduction de Free Mobile… et catastrophe pour l’emploi !

Troisième effet délétère des profits artificiels présentés par les équipes Breton-Lombard : l’introduction d’un 4e opérateur mobile en janvier 2012.

Tous les experts du secteur savent que le marché français ne peut faire vivre 4 opérateurs. Partout en Europe, on revient à 3 par pays, chiffre considéré comme pertinent par les spécialistes de la régulation pour offrir à la fois les bénéfices des économies d’échelle sur le déploiement et l’exploitation des réseaux, et une pression concurrentielle suffisante pour éviter les effets de « rente ». Mais comment ne pas croire qu’il était possible de faire baisser la facture du consommateur en introduisant sur le marché mobile le « trublion des télécoms » ?

Il eut fallu que l’État et le régulateur se penchent sur les comparatifs tarifaires internationaux, qui montraient l’excellente compétitivité de la France, classée 2e pays le moins cher d’Europe pour les communications fixes, mobiles et l’accès Internet en 2011 par le très sérieux régulateur des télécommunications britanniques OFCOM.

Il eut fallu que l’État regarde les comptes de l’opérateur dont il reste l’actionnaire de référence pour comprendre comment avaient été obtenus les profits exceptionnels dégagés. Aucun gouvernement n’a fait cette analyse, ni corrélé profits exceptionnels et crise des suicides.

Il eut fallu une analyse des impacts potentiels de l’introduction d’un 4e opérateur mobile en termes d’emplois, que ni l’État ni l’Arcep – régulateur français des télécoms, n’ont pris la peine de réaliser avant de délivrer la 4e licence, avec une régulation sans précédent au profit exclusif du nouvel entrant.

Dès fin 2011, les opérateurs baissent leurs tarifs pour se préparer à résister à l’arrivé du 4e entrant, et le chiffre d’affaires global des opérateurs commence sa chute, accentuée en 2012. Pour la première fois, les baisses tarifaires, régulières en France, ne sont compensées ni par des économies d’échelles liées à l’accroissement du nombre de clients, ni par du business sur de nouveaux services.

L’action de la CFE-CGC / Free mobile => lien interne

En 2013, plus de 10 000 emplois seront détruits dans la filière française des télécommunications. Les équipementiers ont été les premiers touchés, avec plus de 2 500 emplois détruits, dont plus de la moitié chez Alcatel Lucent. Les centres d’appels risquent de perdre entre 5 et 7 000 emplois. Le distributeur The Phone House a mis la clef sous la porte, ayant perdu ses contrats avec Bouygues Telecom et Orange : 1 200 emplois disparaissent du même coup. SFR et Bouygues Telecom, passés par un plan social, ont annoncé au total 1 400 suppressions de poste sur 2013.

Chez Orange, la décrue des effectifs résulte des départs en retraite ou en Temps Partiel Seniors. On ne connaîtra les chiffres que dans le bilan social de fin d’année. Mais la baisse amorcée en 2012 devrait s’accentuer sensiblement en 2013, et pourrait dépasser 3 000 suppressions nettes dans les effectifs français.

Rompre avec la politique de centralisation et de sous-traitance: revivifier les régions et reprendre nos métiers en main.

repiquage fleurDans les années 80, France Télécom était un champion de la décentralisation : plusieurs Directions Nationales étaient en région, offrant aux personnels la possibilité d’allier qualité de vie et évolution professionnelle. Sous l’égide de L.P. Wenes,  l’entreprise s’est centralisée à outrance, obligeant tous ceux qui voulaient faire évoluer leur carrière à revenir en Ile-de-France, dans des conditions de plus en plus dégradées : l’accompagnement des mobilités était réduit à néant, et les candidats devaient quitter leur région sans promotion, sans augmentation de salaire, pour rejoindre des open-spaces mal conçus, dans des quartiers peu sûrs ou mal desservis par les transports collectifs.

Une telle centralisation n’a pas de sens : il n’est souvent pas plus rapide de se déplacer entre 2 sites en région parisienne que de venir d’une métropole régionale… Le coût de l’immobilier étant bien plus élevé en Ile-de-France, on pourrait, pour moins cher, disposer de locaux plus spacieux et mieux aménagés et répondre du même coup à une forte attente des personnels qui aimeraient vivre en région.

Les économies réalisées permettraient de ré-internaliser des activités actuellement sous-traitées sous prétexte que c’est moins onéreux. Mais la sous-traitance excessive engendre la perte progressive de nos savoir-faire « corps de métier », et met en danger la qualité du service rendu à nos clients, comme notre capacité à nous différencier de nos concurrents par des services exclusifs.

La sous-traitance du management de nos infrastructures de réseaux est à l’origine de la grande panne du réseau mobile de juillet 2012. Dans les Unités d’Interventions, la Direction prévoit de sous-traiter l’intégralité de la production et du SAV sur le FTTH, offre d’avenir pour l’accès fixe, ne conservant en direct que les activités sur la boucle locale cuivre. Autant d’impasses que nous voulons faire cesser.

Nous défendons un double mouvement de ré-internalisation des activités permettant à Orange de se différencier par la qualité des services offerts à nos clients, et de décentralisation des services permettant à ceux qui le souhaitent, y compris les cadres, d’exercer leurs compétences en région.

Nous demandons également la relocalisation en France de la totalité de nos centres d’appels, même ceux qui travaillent la nuit et le week-end, susceptibles d’offrir des postes aux jeunes dans les villes universitaires, ainsi qu’en outre-mer.

Nous proposons de négocier un pacte avec l’État, afin de revivifier l’activité et l’emploi dans les régions françaises.

Nous sommes convaincus qu’investir maintenant dans la création d’emplois générant de la valeur pour l’ensemble de l’économie française est la seule solution pour sortir de la crise, tout en renforçant la performance de notre Groupe.