camionPrémices des mobilités forcées

Les mobilités forcées sont en germe dès le plan TOP, qui veut favoriser la mobilité des fonctionnaires de France Télécom vers l’ensemble des fonctions publiques.  Annoncées comme basées sur le volontariat, elles ne tardent pas à se transformer en harcèlement systématisé : équipes RH et managers objectivés sur le nombre de départs, pressions sur les personnels fonctionnaires, mails hebdomadaires culpabilisants,  entretiens humiliants dans des administrations elles aussi sommées de réduire leurs effectifs pour alléger le budget de l’État.

L’accord sur les congés de fin de carrières (CFC) engagé depuis 1996, est le principal contributeur à la spectaculaire décrue des effectifs (22 000 départs entre fin 2002 et fin 2005). Mais il s’achève fin 2006. Jusqu’à fin 2009, où le premier accord Temps Partiel Seniors (TPS) prend le relais, il n’y a plus aucun dispositif d’accompagnement pour ceux qui souhaitaient quitter l’entreprise avant l’âge de la retraite.

C’est à cette période que les pressions les plus fortes s’exercent sur les personnels, pour en décourager le plus possible : la Direction, tenue par les contraintes légales vis-à-vis des fonctionnaires, ne peut procéder à aucun plan social. Fermetures de sites, mobilités forcées, pression croissante aux résultats, intensification du contrôle des personnels, éradication systématique de la convivialité et de la solidarité dans les équipes, rien n’est épargné pour faire décroître les effectifs… avec les résultats que l’on sait !

En 2007, la CFE-CGC initie l’Observatoire de l’emploi et des mobilités forcées.

50 000 emplois supprimés en 14 ans.

Jusqu’en 2008, le secteur des télécommunications est globalement en croissance, en chiffre d’affaires (+80% entre 1998 et 2008, voir nos graphiques) et en nombre d’abonnés. Il n’y a donc aucune logique mathématique à la perte de plus de 30 000 emplois sur la même période, sinon la recherche aveugle et effrénée d’un profit toujours croissant.

France Télécom-Orange a perdu 50 000 emplois depuis la libéralisation du marché des télécommunications en 1998. Cette suppression massive a de nombreux effets délétères.

A l’intérieur de l’entreprise, la pression augmente sur les personnels qui restent, sommés de gérer le même niveau d’activité en ayant perdu 1/3 de leurs collègues, et les conditions de travail se dégradent sensiblement. Des savoir-faire disparaissent, le transfert de compétences étant mal ou pas du tout assuré lors des départs de l’entreprise. De plus en plus d’activités sont sous-traitées, jusque dans le cœur de métier, au détriment de la maîtrise et de la qualité du service rendu à nos clients (on se souvient de la grande panne du réseau mobile Orange en juillet 2012).

A l’échelle nationale, la perte massive d’emplois crée un effet de spirale négative, qui contribue à la baisse globale du pouvoir d’achat des Français dont la consommation est l’un des principaux moteurs de croissance, et qui détruit aussi le tissu social du pays par l’augmentation du chômage de masse.

Pour la CFE-CGC, c’est une politique socialement irresponsable, tout particulièrement dans une entreprise dont l’État reste l’actionnaire de référence, et il faut redresser la barre dans les meilleurs délais.

EffectifsGroupeOrangeFrance

Après la pause du « nouveau contrat social » entre 2009 et 2012, le Groupe Orange s’engage cependant dans une nouvelle décrue des effectifs.

La CFE-CGC lutte pour l’emploi