arbre en fleursA la CFE-CGC, nous croyons que les moments de crise constituent des opportunités de changement. A l’instar de trop rares économistes, nous croyons qu’à l’échelle nationale comme à celle de l’entreprise, pour retrouver la croissance, il faut retisser les liens entre l’industrie, le travail et la démocratie. Il faut remettre l’humain au centre, et faire de l’intérêt collectif l’objectif prioritaire.

A France Télécom-Orange, force est de constater que la stratégie menée depuis le processus de privatisation est un échec. Les dirigeants ont défendu leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt collectif, s’octroyant tour à tour des stocks options ou des augmentations de salaires consistantes pendant que le reste du personnel était mis à la portion congrue, considéré comme une simple variable d’ajustement pour faire rendre au Groupe le maximum de profit. L’État, premier actionnaire, aurait pu faire contrepoids, et défendre l’intérêt collectif de l’entreprise, voire celui de la nation, qui a tout intérêt à disposer de télécommunications performantes et d’entreprises en bonne santé. Mais ses représentants au Conseil d’administration de France Télécom-Orange n’ont rien défendu de tel.

Alors que le législateur vient de renforcer la place des salariés dans les Conseils d’administration, à Orange plus qu’ailleurs, les personnels doivent prendre leur destin en main. Après l’État, ils sont le second actionnaire du Groupe, avec près de 5% du capital, et le plus stable sur la durée. Ils sont la force de production sans laquelle l’entreprise ne pourrait exister. Ils sont malmenés par la recherche d’un profit maximum à court terme, qui les met en danger en même temps que l’entreprise.

Il est donc temps d’instaurer une démocratie d’entreprise qui permettra de :

  • Retrouver un projet industriel économiquement réaliste, mobilisateur pour les personnels, capable de redonner à Orange un rôle de leader innovant assurant son futur.
  • Redonner au travail sa vraie valeur, non plus un coût qu’il faudrait éradiquer, mais celle du métier et des compétences, à développer et à valoriser, celle du travail d’équipe qui permet d’aller plus loin ensemble.
  • Recréer des emplois, et cesser définitivement les suppressions massives de postes, qui créent une pression insoutenable sur les équipes qui restent, sommées d’encapsuler le même niveau d’activité et de se réorganiser à la volée pour combler les départs.
  • Faire entendre la voix des personnels, pour construire une « entreprise à progrès partagé », au-delà de l’exercice formel auquel se cantonne trop souvent le dialogue social avec les « Instances Représentatives du Personnel ». Il est non seulement nécessaire que les personnels soient vraiment entendus dans les instances de gouvernance prévues par la législation, Conseil d’administration, Comités d’entreprise ou Conseils de surveillance des fonds de l’actionnariat salarié par exemple, mais elle doit l’être aussi dans les collectifs de travail, où la parole de ceux qui font n’a pas moins de pertinence que celle de ceux qui prescrivent.

Il faut desserrer les étaux qui enferment le Groupe et ses personnels, et nous donner les moyens de retrouver notre leadership. Nous défendons un projet en 4 volets prioritaires :

Le déclin d’Orange n’est pas une fatalité.
C’est seulement le résultat des politiques erratiques des équipes Breton et Lombard,
auxquelles aucun gouvernement n’a mis fin.
Il faut définitivement leur tourner le dos
pour que notre entreprise retrouve des perspectives de développement.