Verser un dividende n’est pas une obligation. Apple n’en avait pas versé depuis 17 ans. Google n’en a jamais versé depuis sa création. Ces deux géants ont préféré accumuler un trésor de guerre pour investir en R&D, procéder à des acquisitions, ou sortir indemne d’un revers momentané. Leur exemple le montre : ce n’est pas le versement d’un dividende élevé qui maintient le cours boursier de l’entreprise, comme on a voulu nous le faire croire pendant tant d’années. C’est même exactement le contraire : le versement de dividendes trop élevés obère les capacités de croissance de l’entreprise qui sont jugées par la bourse.

Evolution du dividende et du résultat net par action

France Télécom-Orange a dilapidé 28 milliards d’euros en 10 ans. Elle détient le record de distribution de dividendes parmi les entreprises du CAC40. Au titre des exercices 2009 et 2012, elle a distribué plus de dividende que ses bénéfices. Au lieu de constituer des réserves pour faire face au futur, elle a distribué aux actionnaires plus que ce qu’elle avait en caisse !

La dette de l’entreprise repart à la hausse. Cet été, le ratio dette nette sur EBITDA est passé à 2,37, alors qu’il devrait rester contenu autour de 2 pour ne pas menacer la pérennité de l’entreprise. L’ardoise fiscale de 2 milliards réglée en 2013 a certes une part dans cette aggravation, mais c’est surtout la baisse sensible de l’EBITDA, autrement dit la marge brute, qui contribue à une dérive durable et dangereuse.

La CFE-CGC a alerté dès la publication des résultats 2012, demandant la suspension immédiate du dividende… malheureusement sans succès ! Élue au Conseil d’Administration, elle pourra faire valoir sa voix, et convaincre d’autres administrateurs que c’est une mesure urgente pour la sauvegarde du futur d’Orange, au bénéfice de toutes les parties prenantes.

Suspendre le versement du dividende fait économiser 2 milliards d’euros par an, nécessaires pour permettre à l’entreprise de poursuivre le déploiement des réseaux de nouvelle génération, d’investir dans l’innovation et l’emploi, éventuellement saisir des opportunités de rachat d’entreprises contribuant de manière pertinente à la stratégie du Groupe Orange..

Nous défendrons la suspension du dividende jusqu’à ce que l’entreprise ait retrouvé les marges de manœuvre nécessaires au déploiement d’une stratégie de croissance, puis son versement dans des proportions permettant de préserver l’investissement sans augmenter l’endettement.