Élections 2013 au Conseil d’administration d’Orange

Nous ne laisserons pas détruire Orange !

Mot-clé : projet industriel

Vidéo : La CFE-CGC ne se laisse pas impressionner par la technicité des débats

L’élection des représentants du personnel au Conseil d’Administration est sans doute la plus importante : c’est là que se décide la stratégie de l’entreprise, et les personnels y ont un droit de vote.

Vidéo : reconstruire des partenariats d’innovation

Orange peut et doit redevenir un leader mondial des télécommunications.

Sortir de l’impasse et retrouver le chemin d’une croissance durable

arbre en fleursA la CFE-CGC, nous croyons que les moments de crise constituent des opportunités de changement. A l’instar de trop rares économistes, nous croyons qu’à l’échelle nationale comme à celle de l’entreprise, pour retrouver la croissance, il faut retisser les liens entre l’industrie, le travail et la démocratie. Il faut remettre l’humain au centre, et faire de l’intérêt collectif l’objectif prioritaire.

A France Télécom-Orange, force est de constater que la stratégie menée depuis le processus de privatisation est un échec. Les dirigeants ont défendu leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt collectif, s’octroyant tour à tour des stocks options ou des augmentations de salaires consistantes pendant que le reste du personnel était mis à la portion congrue, considéré comme une simple variable d’ajustement pour faire rendre au Groupe le maximum de profit. L’État, premier actionnaire, aurait pu faire contrepoids, et défendre l’intérêt collectif de l’entreprise, voire celui de la nation, qui a tout intérêt à disposer de télécommunications performantes et d’entreprises en bonne santé. Mais ses représentants au Conseil d’administration de France Télécom-Orange n’ont rien défendu de tel.

Alors que le législateur vient de renforcer la place des salariés dans les Conseils d’administration, à Orange plus qu’ailleurs, les personnels doivent prendre leur destin en main. Après l’État, ils sont le second actionnaire du Groupe, avec près de 5% du capital, et le plus stable sur la durée. Ils sont la force de production sans laquelle l’entreprise ne pourrait exister. Ils sont malmenés par la recherche d’un profit maximum à court terme, qui les met en danger en même temps que l’entreprise.

Il est donc temps d’instaurer une démocratie d’entreprise qui permettra de :

  • Retrouver un projet industriel économiquement réaliste, mobilisateur pour les personnels, capable de redonner à Orange un rôle de leader innovant assurant son futur.
  • Redonner au travail sa vraie valeur, non plus un coût qu’il faudrait éradiquer, mais celle du métier et des compétences, à développer et à valoriser, celle du travail d’équipe qui permet d’aller plus loin ensemble.
  • Recréer des emplois, et cesser définitivement les suppressions massives de postes, qui créent une pression insoutenable sur les équipes qui restent, sommées d’encapsuler le même niveau d’activité et de se réorganiser à la volée pour combler les départs.
  • Faire entendre la voix des personnels, pour construire une « entreprise à progrès partagé », au-delà de l’exercice formel auquel se cantonne trop souvent le dialogue social avec les « Instances Représentatives du Personnel ». Il est non seulement nécessaire que les personnels soient vraiment entendus dans les instances de gouvernance prévues par la législation, Conseil d’administration, Comités d’entreprise ou Conseils de surveillance des fonds de l’actionnariat salarié par exemple, mais elle doit l’être aussi dans les collectifs de travail, où la parole de ceux qui font n’a pas moins de pertinence que celle de ceux qui prescrivent.

Il faut desserrer les étaux qui enferment le Groupe et ses personnels, et nous donner les moyens de retrouver notre leadership. Nous défendons un projet en 4 volets prioritaires :

Le déclin d’Orange n’est pas une fatalité.
C’est seulement le résultat des politiques erratiques des équipes Breton et Lombard,
auxquelles aucun gouvernement n’a mis fin.
Il faut définitivement leur tourner le dos
pour que notre entreprise retrouve des perspectives de développement.

Redevenir un leader mondial des télécommunications en initiant l’écosystème de l’avenir

jeu d'échecsL’écosystème dans lequel s’inscrit l’entreprise est une clef majeure d’innovation et de succès. Airbus ne serait rien sans l’ensemble des PME qui fabriquent les différentes parties des avions qui sont conçus et assemblés dans ses usines. C’est grâce à ses liens puissants et durables avec les équipementiers (Matra, Alcatel, Sagem…) que France Télécom a figuré au palmarès des opérateurs leaders dans les années 80/90, offrant du même coup à la France le réseau de télécommunications le plus performant de l’époque. Malheureusement, ces liens ont été détruits, et les équipementiers avec, par la stratégie financière de court terme initiée par les équipes de T. Breton puis de D. Lombard : il devenait plus important d’obtenir un bon prix que de nouer des partenariats d’innovation dans la durée.

Cependant, l’innovation dans les télécoms ne peut être le fait d’un seul acteur : ce qui fait la qualité de l’expérience client, c’est un ensemble, de la fluidité du réseau à l’ergonomie du terminal, en passant par la qualité des contenus accessibles, la compatibilité des plates-formes, et la simplification de la vie quotidienne apportée par les applications. Pour innover, il faut associer des partenaires disposant de compétences complémentaires, engagés sur la durée et dans la confiance, à proximité les uns des autres, géographiquement et culturellement, pour favoriser l’échange des idées, la mise en œuvre des prototypes, le lancement coordonné des offres.

Il faut recréer en France et en Europe une véritable filière des technologies de l’information et de la communication, bénéfique aux entreprises qui en seront les acteurs, mais aussi aux économies nationales, qui tireront avantage de télécommunications plus performantes, pour leurs entreprises et pour leurs citoyens.

La Commission européenne aurait pu contribuer au déploiement d’une telle filière. Elle s’est malheureusement contentée de faire appliquer l’inepte idéologie de la concurrence, soi-disant au bénéfice du consommateur. Elle oublie que le jour où il n’y aura plus d’emplois, il n’y aura plus de consommateurs, et semble par ailleurs ne rien comprendre au métier des télécommunications.

En France, on ne pourra compter ni sur Free, qui a cessé d’innover pour se centrer sur le mobile low-cost, ni sur SFR, dont Vivendi cherche à se séparer, ni sur Bouygues Telecom, très fragilisé par l’introduction du 4e opérateur.

Par son histoire, les savoir-faire de ses équipes, sa dimension mondiale, et sa bonne implantation en Europe, Orange est le seul acteur en position de jouer le rôle de « chef de file » pour initier l’écosystème des télécommunications de l’avenir.

Nous démontrerons que c’est la seule voie pertinente pour assurer le futur de notre entreprise,  repartir à l’offensive, trouver le nouveau souffle tant souhaité par les personnels, qui n’attendent que cela pour y mobiliser leurs compétences et leur énergie.

Il faut abandonner les politiques d’achat court termistes, au profit de solides partenariats « gagnant-gagnant » avec les entreprises qui disposent des savoir-faire nécessaires à la mise en place d’un tel écosystème.

Il est souhaitable de s’appuyer sur l’État, les collectivités locales avec lesquelles nous avons encore des liens forts, et les pôles de compétitivité, pour créer et faire vivre cet écosystème, en y intégrant notamment des PME innovantes.

L’alliance avec Deutsche Telekom, au sein de BuyIn pour optimiser les achats de terminaux et d’équipements, ou pour opérer en commun les réseaux mobiles, pourra aussi constituer un point d’appui pertinent pour déployer la démarche à l’échelle européenne.

Faire de l’humain la vraie richesse de l’entreprise

mains associéesBien plus que ses réseaux, la première richesse de l’entreprise, ce sont les femmes et les hommes qui la font tourner au quotidien. Nous croyons que leurs compétences sont beaucoup plus efficaces lorsque l’organisation favorise un travail d’équipe où chacun a voix au chapitre, et peut alternativement donner ou trouver de l’aide dans le collectif. Nous croyons que les entreprises les plus performantes sont celles qui font du travail un facteur d’intégration sociale et d’épanouissement pour leurs salariés.

Ce sont ces convictions que nous porterons au Conseil d’Administration, pour obtenir que la Direction retrouve la pleine confiance de ses personnels… en commençant par la lui accorder.

Nous démontrerons que les personnels constituent un gisement de richesse qu’il convient de laisser s’exprimer, et promouvrons systématiquement l’expérimentation de méthodes enfin humaines, éliminant le management par indicateurs pour revenir au métier et à l’humain.

Nous voulons définitivement tourner la page de la crise sociale. Après avoir été tristement emblématique du suicide au travail, nous voulons qu’Orange ouvre la voie d’un renouveau, aussi profitable aux personnels qu’au succès économique du Groupe.