course de haiesTroisième effet délétère des profits artificiels présentés par les équipes Breton-Lombard : l’introduction d’un 4e opérateur mobile en janvier 2012.

Tous les experts du secteur savent que le marché français ne peut faire vivre 4 opérateurs. Partout en Europe, on revient à 3 par pays, chiffre considéré comme pertinent par les spécialistes de la régulation pour offrir à la fois les bénéfices des économies d’échelle sur le déploiement et l’exploitation des réseaux, et une pression concurrentielle suffisante pour éviter les effets de « rente ». Mais comment ne pas croire qu’il était possible de faire baisser la facture du consommateur en introduisant sur le marché mobile le « trublion des télécoms » ?

Il eut fallu que l’État et le régulateur se penchent sur les comparatifs tarifaires internationaux, qui montraient l’excellente compétitivité de la France, classée 2e pays le moins cher d’Europe pour les communications fixes, mobiles et l’accès Internet en 2011 par le très sérieux régulateur des télécommunications britanniques OFCOM.

Il eut fallu que l’État regarde les comptes de l’opérateur dont il reste l’actionnaire de référence pour comprendre comment avaient été obtenus les profits exceptionnels dégagés. Aucun gouvernement n’a fait cette analyse, ni corrélé profits exceptionnels et crise des suicides.

Il eut fallu une analyse des impacts potentiels de l’introduction d’un 4e opérateur mobile en termes d’emplois, que ni l’État ni l’Arcep – régulateur français des télécoms, n’ont pris la peine de réaliser avant de délivrer la 4e licence, avec une régulation sans précédent au profit exclusif du nouvel entrant.

Dès fin 2011, les opérateurs baissent leurs tarifs pour se préparer à résister à l’arrivé du 4e entrant, et le chiffre d’affaires global des opérateurs commence sa chute, accentuée en 2012. Pour la première fois, les baisses tarifaires, régulières en France, ne sont compensées ni par des économies d’échelles liées à l’accroissement du nombre de clients, ni par du business sur de nouveaux services.

En 2013, plus de 10 000 emplois seront détruits dans la filière française des télécommunications. Les équipementiers ont été les premiers touchés, avec plus de 2 500 emplois détruits, dont plus de la moitié chez Alcatel Lucent. Les centres d’appels risquent de perdre entre 5 et 7 000 emplois. Le distributeur The Phone House a mis la clef sous la porte, ayant perdu ses contrats avec Bouygues Telecom et Orange : 1 200 emplois disparaissent du même coup. SFR et Bouygues Telecom, passés par un plan social, ont annoncé au total 1 400 suppressions de poste sur 2013.

Chez Orange, la décrue des effectifs résulte des départs en retraite ou en Temps Partiel Seniors. On ne connaîtra les chiffres que dans le bilan social de fin d’année. Mais la baisse amorcée en 2012 devrait s’accentuer sensiblement en 2013, et pourrait dépasser 3 000 suppressions nettes dans les effectifs français.