Élections 2013 au Conseil d’administration d’Orange

Nous ne laisserons pas détruire Orange !

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Résultats Orange T3 2013

poing serrant une feuille de papier

La CFE-CGC adresse une lettre ouverte aux Ministères pour demander la suspension du dividende au titre de l’exercice 2013 : Orange récupérerait instantanément 2 milliards d’euros, pour continuer d’investir, en stoppant l’hémorragie des emplois.Télécharger le pdf du courrier

2013 : refus de déstabilisation de notre entreprise par un nouveau changement de PDG

La mise en examen de Stéphane Richard dans le cadre de l’affaire Tapie a constitué un choc pour les personnels de France Télécom-Orange.

La CFE-CGC a souhaité que la présomption d’innocence s’applique pleinement, et qu’aucun amalgame ne soit fait entre les différentes missions que Stéphane Richard a assuré à différentes époques.
Alors que le secteur des télécommunications, écosystème complexe, est en pleine tourmente, les personnels de l’entreprise attendent que l’État actionnaire de l’opérateur historique soutienne l’action de son PDG pour défendre la pérennité de l’entreprise et des emplois, plus de 100 000 en France, 170 000 dans le monde.

Vous pouvez relire à ce propos :

Nos communiqués de presse …

… et quelques interventions dans les médias :

Intervention de Patrice Brunet, Président de l’ADEAS sur BFM TV le 12 juin 2013 :

Opposition au low-cost destructeur d’emplois

La CFE-CGC a tout tenté pour s’opposer
à la destruction d’emplois  liée à l’introduction du 4e opérateur mobile

C’est au nom de la défense prioritaire de l’emploi dans le secteur des télécoms que la CFE-CGC :

La CFE-CGC a été la seule organisation syndicale à monter au créneau, dès le projet de 4e licence en 2007, puis au lancement de Free Mobile début 2012, pour éviter l’hécatombe des emplois, liée à l’introduction du « low cost » sur le marché français du mobile.

La « timeline» du lancement de Free Mobile montre à quel point la CFE-CGC a porté le débat. Chacun de ses communiqués a été abondamment repris dans la presse, seul moyen pour obtenir une réaction du régulateur ou du gouvernement. Il a fallu près de 3 ans pour que notre diagnostic soit partagé par ce dernier, et que notre demande de ne pas opposer salariés et consommateurs fasse sens pour les leaders d’opinion.

Mais si en juillet 2012 (alors que la CFE-CGC consacrait son Université d’été à la question de l’emploi dans le secteur des télécoms et à l’impact de Free Mobile), Fleur Pellerin et Arnaud Montebourg semblaient partager notre diagnostic, rien n’a été fait depuis pour remédier à la situation.

Introduction de Free Mobile… et catastrophe pour l’emploi !

Troisième effet délétère des profits artificiels présentés par les équipes Breton-Lombard : l’introduction d’un 4e opérateur mobile en janvier 2012.

Tous les experts du secteur savent que le marché français ne peut faire vivre 4 opérateurs. Partout en Europe, on revient à 3 par pays, chiffre considéré comme pertinent par les spécialistes de la régulation pour offrir à la fois les bénéfices des économies d’échelle sur le déploiement et l’exploitation des réseaux, et une pression concurrentielle suffisante pour éviter les effets de « rente ». Mais comment ne pas croire qu’il était possible de faire baisser la facture du consommateur en introduisant sur le marché mobile le « trublion des télécoms » ?

Il eut fallu que l’État et le régulateur se penchent sur les comparatifs tarifaires internationaux, qui montraient l’excellente compétitivité de la France, classée 2e pays le moins cher d’Europe pour les communications fixes, mobiles et l’accès Internet en 2011 par le très sérieux régulateur des télécommunications britanniques OFCOM.

Il eut fallu que l’État regarde les comptes de l’opérateur dont il reste l’actionnaire de référence pour comprendre comment avaient été obtenus les profits exceptionnels dégagés. Aucun gouvernement n’a fait cette analyse, ni corrélé profits exceptionnels et crise des suicides.

Il eut fallu une analyse des impacts potentiels de l’introduction d’un 4e opérateur mobile en termes d’emplois, que ni l’État ni l’Arcep – régulateur français des télécoms, n’ont pris la peine de réaliser avant de délivrer la 4e licence, avec une régulation sans précédent au profit exclusif du nouvel entrant.

Dès fin 2011, les opérateurs baissent leurs tarifs pour se préparer à résister à l’arrivé du 4e entrant, et le chiffre d’affaires global des opérateurs commence sa chute, accentuée en 2012. Pour la première fois, les baisses tarifaires, régulières en France, ne sont compensées ni par des économies d’échelles liées à l’accroissement du nombre de clients, ni par du business sur de nouveaux services.

L’action de la CFE-CGC / Free mobile => lien interne

En 2013, plus de 10 000 emplois seront détruits dans la filière française des télécommunications. Les équipementiers ont été les premiers touchés, avec plus de 2 500 emplois détruits, dont plus de la moitié chez Alcatel Lucent. Les centres d’appels risquent de perdre entre 5 et 7 000 emplois. Le distributeur The Phone House a mis la clef sous la porte, ayant perdu ses contrats avec Bouygues Telecom et Orange : 1 200 emplois disparaissent du même coup. SFR et Bouygues Telecom, passés par un plan social, ont annoncé au total 1 400 suppressions de poste sur 2013.

Chez Orange, la décrue des effectifs résulte des départs en retraite ou en Temps Partiel Seniors. On ne connaîtra les chiffres que dans le bilan social de fin d’année. Mais la baisse amorcée en 2012 devrait s’accentuer sensiblement en 2013, et pourrait dépasser 3 000 suppressions nettes dans les effectifs français.

La rançon du succès, ou comment l’État a pris France Télécom pour une vache à lait

tirelireSur le plan financier, l’entreprise s’est redressée dès 2003… au point de dégager un taux de profit très supérieur à celui de Deutsche Telekom. Ce que personne n’a voulu voir, c’est le caractère exceptionnel de ces profits, générés par des manipulations financières et la mise sous pression intense de tout le Groupe. Si un effort de redressement était possible pour sortir de l’ornière, il n’était pas soutenable de maintenir un tel niveau de rentabilité dans la durée.

Mais les discours de guerriers victorieux des deux PDG aux manettes entre 2003 et 2009 ont convaincu tous les acteurs du marché, y compris l’État, les régulateurs (Arcep et Autorité de la concurrence), et jusqu’aux consommateurs, que l’entreprise s’engraissait à bon compte sur le dos de ses clients.

Envol du dividende : 28 milliards d’euros dilapidés en 10 ans !

Quel meilleur gage qu’une généreuse distribution de dividende pour affirmer le succès ? Si T. Breton l’a contenu (il fallait reconstituer les fonds propres effondrés par deux années de pertes et une dette conséquente), dès 2005, à l’initiative de D. Lombard, il s’envole et dépasse le résultat net en 2009.

Impossible après cela de faire entendre raison à Bercy, qui comptait sur cette manne pour renflouer ses caisses vides quel que soit le gouvernement. Alors qu’il aurait fallu dès 2011 diminuer drastiquement le dividende, cela n’a été fait que pour l’exercice 2012. Trop tard ! Les résultats s’étaient tellement dégradés qu’en dépit de sa baisse, le dividende a, une nouvelle fois, dépassé les bénéfices.

Entre 2003 et 2012, France Télécom-Orange a versé 27,5 milliards d’euros de dividendes aux seuls propriétaires de la maison mère ! Une dilapidation qui a obéré les capacités d’investissement de l’entreprise, en France et à l’étranger, alors que le tournant technologique du très haut débit et l’emprise croissante des acteurs « over the top » (Google, Apple ou Amazon) auraient imposé d’investir massivement dans les réseaux de nouvelle génération et le développement de nouveaux services.

Plus de la  moitié des dividendes sont versés à des fonds de pension étrangers ou à des banques qui spéculent et revendent leurs actions dès que le coupon a été détaché, comme nous l’avons plusieurs fois dénoncé. Mais le gouvernement qui défend « le made in France » et prétend lutter « contre la finance sans visage » semble avoir une taie sur les yeux lorsqu’il s’agit de prendre des mesures concrètes à sa portée.

Lire aussi : la CFE-CGC, l’ADEAS et le dividende