Élections 2013 au Conseil d’administration d’Orange

Nous ne laisserons pas détruire Orange !

Notre analyse

Centres d’appels: la guerre des télécoms détruirait 8000 emplois d’ici la fin 2014

L’actualité confirme malheureusement nos analyses concernant la destruction des emplois liée à l’introduction du 4è opérateur mobile.

La forte concurrence régnant sur le marché des télécoms aurait affecté massivement le secteur des centres d’appels. Selon un syndicat professionnel, 8000 emplois seront détruits d’ici la fin 2014.

Lire l’article dans l’Expansion.

Vidéo : analyse et prospective

Retrouvez en détail l’analyse sur laquelle nous basons nos propositions pour sortir de l’impasse.

Pour ne manquer aucun clip de campagne, abonnez-vous au flux RSS de notre chaine Elections 2013 au CA d’Orange

Comprendre le passif dont nous héritons pour mieux en sortir

Comprendre pourquoi la situation de notre Groupe s’est dégradée ces dernières années est essentiel. Si l’éclatement de la bulle Internet des années 2000 imposait un changement de cap, l’analyse montre que :

  • les mesures prises par les équipes Breton-Lombard au prétexte de redresser les comptes ont plombé l’entreprise sur tous les plans, générant une crise qui aurait pu être évitée,
  • il existe d’autres manières de piloter notre Groupe pour lui redonner du souffle et les perspectives qu’il mérite.

Pour le secteur des télécoms,
une crise artificielle s’ajoute à la crise économique générale

Après la génération de profits artificiels extorqués à l’entreprise via des manipulations comptables et une pression sans précédent sur les personnels, les taxes, puis l’introduction d’un 4e opérateur mobile, ont dégradé les résultats des opérateurs historiques.

Dans un contexte économique déprimé où le consommateur court après le pouvoir d’achat, il est d’autant plus difficile de restaurer la croissance du chiffre d’affaires et de contenir l’émiettement des marges (l’EBITDA est en repli de presque 8 % en valeur entre le 1er trimestre 2012 et le 1er trimestre 2013).

Le Groupe Orange apparaît comme « au bout du rouleau », sans marge de manœuvre et sans projet d’entreprise, hors celui de réduire chaque jour un peu plus les coûts de fonctionnement.

Il y a pourtant des solutions pour sortir de l’impasse :
celles que nous voulons défendre au Conseil d’Administration.
Élus, nous mettrons tout en œuvre
pour défendre la place et les intérêts du personnel,
mais aussi pour convaincre les autres administrateurs
que nos propositions sont pertinentes, réalistes,
et bénéfiques dans la durée pour le collectif.

Maximisation du profit à court terme

piles d'argentLe « plan TOP » initié par T. Breton en décembre 2002 signe l’entrée de France Télécom dans un nouveau paradigme de gestion.  Il s’agit officiellement de réduire la dette abyssale de l’entreprise par un plan de 3 x 15 milliards d’euros : 15 d’économies de fonctionnement, 15 d’augmentation de capital, 15 de refinancement de la dette par les marchés.

C’est le début d’une politique à visées exclusivement financières, pour maximiser le profit à court terme au détriment de la stratégie industrielle et du futur de l’entreprise : modification des règles de gestion et serrage de vis, afin de sortir des profits exceptionnels « destinés à retrouver des marges de manœuvre »… qui au final les suppriment les unes après les autres.

Stratégie du choc

Le plan TOP s’appuie sur une mission « état des lieux », confiée par T. Breton à un groupe d’experts, d’où est sorti le fameux chiffre de 70 milliards d’euros de dette. Un chiffre artificiellement gonflé par l’intégration dans les comptes de 25 milliards d’euros de provisions pour pertes, sans fondement réel. Mais une annonce aussi spectaculaire permettait d’appliquer à l’entreprise la « stratégie du choc » préconisée par les néolibéraux, propre à « faire passer la pilule » de la privatisation et d’un changement de cap d’une brutalité sans précédent.

Cost-killer

Sous la houlette de Louis-Pierre Wenes (recruté par T. Breton en décembre 2002, et qui supervisera le plan NExT et son odieux volet ACT, avant d’être débarqué en octobre 2009, puis mis en examen en juillet 2012 pour harcèlement moral), les financiers font feu de tout bois.

Les politiques d’achat sont révisées, rigides au point de paralyser l’activité opérationnelle des équipes, ou d’évincer des fournisseurs précieux.

La diminution du cash affecté aux investissements conduit  à différer l’entretien et le renouvellement du matériel, ce qui nous oblige aujourd’hui à faire des remises à niveau, parfois dans l’urgence, des équipements obsolètes.

L’amortissement des investissements de génie civil passe de 20 à 25 ans. L’affichage d’un bénéfice comptable artificiel est immédiat, mais l’entreprise n’est pas plus riche pour autant !

Le report indéfini des congés du personnel est supprimé, et on passe brutalement à l’écrêtage systématique. Mais une telle opération ne génère que du résultat exceptionnel factice par une reprise des provisions pour charges l’année de mise en œuvre.

Profit éclair pour les banquiers et privatisation sauvage

Dès mars 2003, les équipes de Thierry Breton procèdent à une augmentation de capital conséquente : 15 milliards d’euros au total, dont 9 apportés par l’État français.

Le montage de l’opération, bouclée d’avance, privilégie l’achat des nouvelles actions par les banquiers à un tarif préférentiel de souscription, à 5,5 euros en dessous du cours boursier, alors à 20 euros. Un profit éclair de 1,6 milliards d’euros pour les banques qui ont raflé la souscription, au détriment des petits porteurs… et du personnel. Cette nouvelle tranche de privatisation n’a été accompagnée d’aucune offre réservée aux personnels (ORP) comme le prévoient les lois de privatisation de France Télécom. Et les délais de mise en œuvre étaient tellement courts qu’il était impossible aux fonds détenus dans le cadre du PEG (Plan Épargne Groupe) d’exercer les Bons de souscription d’actions (BSA) permettant aux personnels actionnaires de bénéficier du tarif préférentiel d’achat pour les nouvelles actions créées.

ECH19360112_1

Source : Les Échos  – février 2005

Mais quand « l’état d’urgence » est décrété, personne ne se préoccupe de ce genre de détail : les personnels ne devaient-ils pas se montrer reconnaissants qu’aucun plan social ne soit mis en place ? On leur cloue le bec, jusqu’à la crise de 2009 qui jette une lumière crue sur ce qu’on leur a fait subir…

Suppressions d’emplois

camionPrémices des mobilités forcées

Les mobilités forcées sont en germe dès le plan TOP, qui veut favoriser la mobilité des fonctionnaires de France Télécom vers l’ensemble des fonctions publiques.  Annoncées comme basées sur le volontariat, elles ne tardent pas à se transformer en harcèlement systématisé : équipes RH et managers objectivés sur le nombre de départs, pressions sur les personnels fonctionnaires, mails hebdomadaires culpabilisants,  entretiens humiliants dans des administrations elles aussi sommées de réduire leurs effectifs pour alléger le budget de l’État.

L’accord sur les congés de fin de carrières (CFC) engagé depuis 1996, est le principal contributeur à la spectaculaire décrue des effectifs (22 000 départs entre fin 2002 et fin 2005). Mais il s’achève fin 2006. Jusqu’à fin 2009, où le premier accord Temps Partiel Seniors (TPS) prend le relais, il n’y a plus aucun dispositif d’accompagnement pour ceux qui souhaitaient quitter l’entreprise avant l’âge de la retraite.

C’est à cette période que les pressions les plus fortes s’exercent sur les personnels, pour en décourager le plus possible : la Direction, tenue par les contraintes légales vis-à-vis des fonctionnaires, ne peut procéder à aucun plan social. Fermetures de sites, mobilités forcées, pression croissante aux résultats, intensification du contrôle des personnels, éradication systématique de la convivialité et de la solidarité dans les équipes, rien n’est épargné pour faire décroître les effectifs… avec les résultats que l’on sait !

En 2007, la CFE-CGC initie l’Observatoire de l’emploi et des mobilités forcées.

50 000 emplois supprimés en 14 ans.

Jusqu’en 2008, le secteur des télécommunications est globalement en croissance, en chiffre d’affaires (+80% entre 1998 et 2008, voir nos graphiques) et en nombre d’abonnés. Il n’y a donc aucune logique mathématique à la perte de plus de 30 000 emplois sur la même période, sinon la recherche aveugle et effrénée d’un profit toujours croissant.

France Télécom-Orange a perdu 50 000 emplois depuis la libéralisation du marché des télécommunications en 1998. Cette suppression massive a de nombreux effets délétères.

A l’intérieur de l’entreprise, la pression augmente sur les personnels qui restent, sommés de gérer le même niveau d’activité en ayant perdu 1/3 de leurs collègues, et les conditions de travail se dégradent sensiblement. Des savoir-faire disparaissent, le transfert de compétences étant mal ou pas du tout assuré lors des départs de l’entreprise. De plus en plus d’activités sont sous-traitées, jusque dans le cœur de métier, au détriment de la maîtrise et de la qualité du service rendu à nos clients (on se souvient de la grande panne du réseau mobile Orange en juillet 2012).

A l’échelle nationale, la perte massive d’emplois crée un effet de spirale négative, qui contribue à la baisse globale du pouvoir d’achat des Français dont la consommation est l’un des principaux moteurs de croissance, et qui détruit aussi le tissu social du pays par l’augmentation du chômage de masse.

Pour la CFE-CGC, c’est une politique socialement irresponsable, tout particulièrement dans une entreprise dont l’État reste l’actionnaire de référence, et il faut redresser la barre dans les meilleurs délais.

EffectifsGroupeOrangeFrance

Après la pause du « nouveau contrat social » entre 2009 et 2012, le Groupe Orange s’engage cependant dans une nouvelle décrue des effectifs.

La CFE-CGC lutte pour l’emploi